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 Défis et perspectives post-Covid pour le continent : Faire du Coronavirus des opportunités d’investissements massifs

 Défis et perspectives post-Covid pour le continent : Faire du Coronavirus des opportunités d’investissements massifs

Certes, la pandémie a freiné le développement du continent. Cependant, elle n’a pas coupé l’appétit des Etats africains pour l’innovation et pour la croissance. Incontestablement, la reprise post-Covid sera l’occasion de bâtir un continent plus fort, plus résilient et plus connecté.

Depuis l’arrivée des vaccins anti Covid-19, l’espoir est permis pour un lendemain meilleur pour les pays africains où les prévisions les plus cataclysmiques prédisaient un lourd bilan en termes de contaminations et de victimes liées aux nouvelles vagues et à l’apparition des variants venus d’ailleurs. Bien que de nombreux pays africains dépendent aujourd’hui des livraisons de vaccins AstraZeneca pro­duits en Inde, notamment par le Serum Institute of India, et distribués dans le cadre du programme Covax, il n’en de­meure pas moins que l’Afrique espère une ouverture plus large pour l’appro­visionnement du continent en vaccins anti-Covid au début du troisième tri­mestre.

C’est du moins le souhait du Centre de contrôle et de prévention des maladies en Afrique (Africa CDC) relevant de l’UA. Faut-il rappeler que Covax vise à fournir un accès équitable en particu­lier aux pays les plus pauvres. D’ailleurs, c’est un total de 47 pays africains qui ont lancé des campagnes de vaccina­tion malgré l’insuffisance de vaccins. Résultat : jusqu’à présent, l’Afrique a ad­ministré 19,6 millions de doses, soit 2% du total mondial. Un chiffre très faible au regard de ce qui se passe dans l’UE, aux Etats-Unis ou encore en Chine.

Partant de ces constats, et sur la base des conséquences économiquement lourdes qu’ont subi les Etats africains, les regards se tournent désormais vers l’après Coronavirus pour que le conti­nent se restructure et se positionne comme un pôle d’attractivité des inves­tissements en faisant de cette crise sani­taire de nouvelles opportunités.

Retour à la situation normale

Il ne peut en être autrement quand on sait que le continent africain connait, dans le sillage de la pandémie, sa pre­mière récession en 25 ans et/ou son activité économique s’est contractée en 2020 à plus de 3%. Et le retour à une situation dite « normale » pourrait prendre des années, prévient déjà la Banque mondiale.

Mais ce schéma pessimiste ne fait pas peur puisque, selon le Women Wor­king for Change Summit, l’Afrique a les moyens d’accélérer sa reprise éco­nomique et de construire un environ­nement post-Covid plus robuste et plus compétitif, davantage favorable à la croissance et à la création d’emplois. Mais cette reprise devra reposer sur trois grands piliers à savoir : la trans­formation numérique, l’urbanisation et l’intégration régionale.

Cette dernière est d’autant plus im­portante qu’elle parait être incontour­nable dans le contexte actuel de Co­ronavirus. Car l’intégration régionale peut véritablement aider l’Afrique à accélérer les progrès, accroitre les re­tombées économiques tant à l’échelle continentale qu’au sein de chacun des principaux blocs économiques comme la CEDEAO, la CEEAC, la COMESA, l’IGAD et la SADC etc.

En effet, l’Afrique nourrit de grandes ambitions pour faciliter et libéraliser le commerce même si les échanges trans­frontaliers continuent d’être un véri­table défi dans de nombreuses régions du continent. Il faut rappeler ici que la Zone de libre-échange continentale africaine pourrait accroitre les revenus de la région de 450 milliards de dollars d’ici à 2035, soit une progression de 7 %.

Ce qui permettrait de booster les échanges intra-africains, lesquels ne représentent actuellement que 16 % du commerce en Afrique. Sans oublier que le continent africain reste, par ailleurs, un acteur marginal dans le commerce mondial avec uniquement une part de 2,2 % pour les exportations et 4% pour les importations.

Pour ce qui est de la transformation numérique, elle continue de s’accroître et prendra une place clé dans l’activité économique, accentuée aujourd’hui par Coronavirus à travers le télétra­vail. Mieux, le potentiel numérique de l’Afrique reste encore largement inex­ploité. Selon un récent rapport d’IFC (International Finance Corporation) et de Google, l’économie numérique pourrait représenter 5,2% du PIB du continent à l’horizon 2025, soit près de 180 milliards de dollars.

Interventions concrètes des gouvernements

Dans ces conditions, l’Afrique doit aller vite dans sa transformation éco­nomique pour faire de Coronavirus des opportunités d’investissements dans tous les pans du développement. Car le choc de la pandémie et la crise économique, qu’il a provoquée, ont eu des implications directes sur les soldes budgétaires et le fardeau de la dette des pays s’en est alourdi au risque de deve­nir un frein à cette perspective qui pro­file à l’horizon.

On estime que les déficits budgétaires ont doublé en 2020 pour atteindre un niveau historique de 8,4% du PIB. En conséquence, estime la BAD, le ratio moyen dette/PIB de l’Afrique devrait augmenter de 10 à 15 points à court et moyen terme pour atteindre 70 %, dans les années à venir.

Pour ce faire, les Etats africains doivent adopter un nouveau paradigme qui doit se baser désormais sur des inter­ventions concrètes des gouvernements, des partenaires de développement et du secteur privé local pour guider le conti­nent vers la reprise.

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Parce que les éco­nomies africaines, dans leur ensemble, devront créer beaucoup plus d’emplois qu’elles ne le font aujourd’hui pour faire face à l’accélération du nombre de jeunes qui arriveront sur le marché du travail au cours des prochaines années et décennies afin de faire face à la soute­nabilité de la dette.

Wolondouka SIDIBE/Syndication l’Opinion

Croissance et investissement public

Selon le FMI, les besoins de financement de l›Afrique restent importants : ils s›élèveraient à environ 200 1 milliards de dollars pour la période -20202023. Et la crise est venue rappeler les défis de long terme qui se posent au continent même si déjà avant celle-ci, les pays d›Afrique de l›Ouest présentaient un dynamisme économique plus important que la moyenne africaine. En revanche, les modèles de croissance de ces pays reposent encore trop largement sur l›investissement public. Dans ces conditions, l’un des défis majeurs pour ces pays sera d›accompagner le secteur privé pour lui permettre de jouer pleinement un rôle moteur dans la croissance. Il paraît évident, selon une étude de l›AFD, que les États auront un rôle majeur à jouer. Ils devront prioriser leurs dépenses de façon à pouvoir continuer à soutenir les secteurs et les acteurs les plus impactés par la crise et investir dans les secteurs porteurs, qui leur permettront d›atteindre leurs objectifs de développement. Et tous les experts et chercheurs s’accordent à dire que l›Afrique reste le continent des opportunités, une nouvelle frontière économique qui, outre ses richesses naturelles, dispose de ressources humaines nombreuses, notamment sa jeunesse.

 

 

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